Il se murmure des choses sur mon cas. Le Tout Paris laisse courir la rumeur que je serais père de famille, qu’un éjaculat incontrôlé me fit engrosser une Tourquennoise (habitante de Tourcoing pour les incultes) à l’âge de quinze ans, que depuis j’ai la garde partagée d’un rejeton de sept ans, que c’est du propre de se donner des airs quand on connaît ces bassesses... « Colporter des bêtises, moi, monsieur ? Jamais de la vie ! Voyez plutôt ses fréquents allez-retours dans le Nord… Il y a du louche la dedans, c’est certain !" « À présent que vous me le dîtes, je fais le rapprochement… Il paraîtrait que Madame est allé se reposer au camping de Bray-Dunes avec son nouveau jules, un type très bien, agent de sécurité au Stade Bollaert je crois, et que Foucauld est bien obligé d’assurer ses obligations paternelle pendant ce temps… »
Mythe ou réalité ? Je conserve ma part de mystère et tue le temps, avec ou sans lardon, en visitant les musées du Nord. Au menu du jour ? La Piscine, superbe musée aménagé dans l’ancienne piscine municipale de Roubaix. Après un saut dans l’exposition d’Agatha Ruiz de la Prada qui ne m’a guère intéressée, si ce n’est le graphisme d’un tissu africain, j’ai découvert les travaux de Léon Koudine et Zina de Plagny, un couple d’artiste russes de la première moitié du XXème siècle. Léon dessinait des croquis de mode pour Nina Ricci ou Rochas pendant que sa femme crée de superbes dessins textiles. Oscillant entre graphismes abstraits, compositions florales ou hommage à Matisse et Dufy, ces dessins font passer les toiles figuratives des collections adjacentes pour de sinistres cortèges funèbres. Passez les voir si vous êtes dans les parages, enquêtez si vous demeurez à distance.
Par Foucauld
PS : impossible de trouver d'autres images que la couverture du catalogue de l'expo en très basse définition. C'est ça de mourir avant la création du web, on est mal référencé sur Google...
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